Illustrations de livres

Paul Welsch se lance dans l'illustration du journal de son lycée à Hanovre en 1909. A côté d'articles d'un humour très potache qui caricaturent la vie de l'établissement, on trouve un dessin où Welsch se représente dans une partie de bras de fer avec son professeur de dessin : "Plus de couleur ! Beaucoup plus de couleur !"

L'artiste illustre son premier livre en 1920 : Les Bourgeois de Witzheim d'André Maurois aux éditions Bernard Grasset. L'oeuvre célèbre le bonheur d'une Alsace française retrouvée. Les dessins qui illustrent le texte sont dans la veine d'un Hansi.

Amis et amiles, deux contes du Moyen Age adaptés par Fernand Fleuret, paraît en novembre 1923 aux éditions Chiberre de Paris. Les illustrations profitent de la maîtrise de la technique de la gravure sur bois acquise les années précédentes. Des traits épais entourent les éléments du dessin à la manière d'un vitrail. L'ensemble est un bon équivalent moderne des enluminures moyennâgeuses.

Ses études à Sciences-po aidant, Welsch entame en 1924 une longue collaboration avec Armand Megglé, alors directeur du comité national des conseillers du commerce extérieur de la France. Il commencera donc par Atlas, guide économique et touristique des régions de France et d'Algérie - XV° région économique Paris. Certains dessins seront repris dans La poésie de Paris de Paul Fort paru aux éditions de la Marjolaine en 1930.

Maurice Betz a publié plus d'un article sur Paul Welsch dans la revue La Vie en Alsace. Tout naturellement ce dernier illustrera un de ses romans, Rouge et blanc, pour sa deuxième édition de 1928 dans Collection de la vie en Alsace. C'est le récit du déchirement du héros entre amitié allemande et patriotisme français qu'avaient vécu maints Alsaciens, dont Paul Welsch lui-même.

Sans faire partie du cycle Megglé, Beau Brummell, paru à la Société Française d'Edition en 1930, a toutes les chances d'être une commande de l'Etat, sans doute d'ailleurs à l'instigation d'Armand Megglé en personne. Cet ouvrage écrit en anglais, aux dessins d'une élégance stylisée très années trente, est une vitrine des meilleurs produits français (Chanel, Boucheron, Cartier...).

En lien avec l'Exposition Coloniale Internationale de Paris de 1932 pour laquelle on lui commandera une grande décoration murale, Paul Welsch illustre trois livres d'Armand Megglé : Afrique Occidentale Française, Afrique Equatoriale Française et Syrie (avril 1931), auquel s'ajoute un Petit Atlas des Terres Françaises préfacé par le même Megglé.

Paul Welsch est sollicité en 1934 par les établissements C. & A. Holweg de Strasbourg pour illustrer une plaquette publicitaire vantant un procédé d'impression simultanée à base de clichés en caoutchouc et d'encre d'aniline. Les dessins de l'artiste - qui montrent toute la distance qui les sépare du Chantier de 1912 - servaient à démontrer l'efficacité du procédé.

On ne sait pas si l'édition de Petits poèmes en prose de Baudelaire a été conduite à son terme. Dans les archives laissées par Paul Welsch, l'impression semble être aboutie (il existe la page de garde datée de 1947, portant le nom de l'éditeur : éditions A. et P. Jarach, Paris). Certaines pages sont définitives mais on ne trouve pas l'ouvrage complet. Les lithographies, en noir et blanc, sont d'un pessimisme rare dans l'oeuvre de l'artiste.

Comme pour Maurice Betz, l'écrivain et poète Claude Odilé a suivi de près la carrière de Paul Welsch dont il a rendu un compte fidèle dans les revues et journaux alsaciens. L'artiste illustre le recueil de poèmes Le Pilier des anges et autres légendes d'Alsace paru aux éditions des Arceaux en septembre 1948. Les lithographies, toujours en noir et blanc, sont moins désespérées que dans les Petits poèmes en prose mais gardent cette gravité de l'après-guerre.

Les Francs-Bibliophiles publient en 1952 Croquis de Provence d'André Suarès orné de trente-six gravures sur bois en couleurs, une première pour l'artiste. Paul Welsch s'y consacrera entièrement pendant dix-huit mois, abandonnant tout autre genre de travaux. Les Croquis de Provence sont des évocations poétiques du Midi, notamment de la région de Toulon et privilégient l'aspect visuel, ce qui est tout à fait propice à l'illustration.

Paul Welsch utilise une nouvelle fois la technique de la gravure sur bois en couleurs pour La bonne chanson de Verlaine paru aux Bibliophiles de l'Est en 1954 juste après le décès de l'artiste. Welsch avait eu le temps de terminer son travail. Les derniers détails d'impression seront assurés par son ami Clairin. Par rapport aux Croquis de Provence, les bois de La bonne chanson sont d'une texture plus aérienne, tout à fait adaptée à la poésie verlainienne.

Welsch avait l'intention d'illustrer ensuite Mireille de Mistral mais le projet n'a pu être réalisé.